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La sagesse du chat …


Il y a des événements que l’on qualifie de « traumatismes fondateurs », c’est-dire des événements pour lesquels il y a un « avant » et un « après » et qui marquent une rupture dans nos systèmes.

Ils montrent combien l’homme peut être à la fois fragile et puissant (notamment dans son pouvoir de nuisance !) et que tout ce qui semble acquis, immuable, certain, peut être balayé en un rien de temps. Les grandes guerres, les attentats du 11 septembre en sont des exemples.

Je pense que la crise sanitaire que l’on vit actuellement en fait partie. Il y avait un « avant » et il y aura un « après ».

Qui eût cru qu’un virus parti d’un côté de la planète terre pourrait si rapidement déstabiliser les places financières, dérouter les gouvernements, faire paniquer les citoyens et balayer nos certitudes, et ce quasiment partout dans le monde ? « Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? ».

Confinés dans nos appartements ou nos maisons, accrochés aux informations, orientées et très largement diffusées par les médias, qui sont à mon sens délétères car elles nous font plus de mal que de bien, relayées par tous nos réseaux, nous en avons la preuve. COVID-19 redistribue et va redistribuer les cartes !

Je suis convaincue que notre société, au moins en France, ne sera plus la même après cette crise. Je ne parle pas des drames humains qu’elle a et aura engendrés. Je parle de notre organisation, de nos méthodes de travail, de nos habitudes de vie.

Espérer qu’on en sorte vite est un souhait que l’on partage tous mais espérer que tout redevienne comme avant est pour moi une utopie dangereuse, car le réveil sera rude.

Demain, on s’apercevra peut-être qu’il est inutile de prendre tous nos voitures aux mêmes heures pour partir travailler et se retrouver coincés dans des bouchons interminables sur l’autoroute …

Demain on s'apercevra peut-être que se lever à 5h du matin tous les 2 jours, prendre le train pour assister à une réunion de 2 heures à l'autre bout du pays, finit par épuiser physiquement et nerveusement, et donc par fragiliser ...

Demain, on s’apercevra peut-être que notre système éducatif qui consiste à regrouper des élèves en vase clos pour aborder un programme prédéfini (parfois quelques années avant) au rythme d’une transhumance n’est plus adapté …

Demain on s’apercevra peut-être que ça n’a pas beaucoup de sens de hanter les magasins pour acheter un énième article alors que nos armoires débordent …

Demain on s’apercevra peut-être qu’on n’a pas besoin de 15 marques de yaourts …

Demain on s’apercevra peut-être qu’il existe des alternatives aux équipements d’une salle de sports pour rester en forme …

Et la liste pourrait continuer !

Demain, nous n’aurons plus autant besoin de locaux d’entreprises, on aura prouvé que le télétravail fonctionne aussi et est un véritable complément à prendre en compte dans nos organisations. Nombreuses sont les entreprises qui y ont déjà pensé. Nombreuses sont celles qui n’ont rien prévu …

Demain nos enfants n’apprendront plus du tout par un enseignement magistral…

Demain, nous … Qui peut le dire ? COVID-19 et les décisions que nous prenons pour parer à l'urgence laisseront des traces.

Quant à moi, j’espère que demain nous retrouverons du sens, et le bon ! J’espère que nous reviendrons à l’essentiel et qu’on redonnera sa place à l’homme, pas en tant que ressource, ni en tant que consommateur, ni en tant qu’électeur, juste en tant qu’être humain… « L’homme au centre comme on dit », oui, reste à savoir au centre de quoi.

On dit que « chat échaudé craint l’eau froide ». L’homme aura-t-il la sagesse du chat ?


Christine VERGNE

23 mars 2020

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